Le thème proposé par Alice et Zaza ce lundi est celui-ci : 

« évoquons nos ancêtres ; grand-parents, arrière-grand-parents, où en êtes-vous avecc la connaissance de votre arbre généalogique? Cela vous intrigue ou au contraire, place au futur et à la descendance? »

J’ai moi eu un peu de mal à écrire cet article et j’ai hésité longtemps à participer à ce lundi à deux tant le thème était difficile pour moi.

Si j’aime parler de moi et encore plus de mes coups de coeur ou bons plans testés (l’objet même de ce blog, sa raison d’être), j’ai un peu plus de mal à parler de ma famille, de mes proches. Encore plus de ceux qui ne sont plus là.

Ils s’appelaient Iris, Milo (Emile), Berthe et Lié.

Je n’ai plus de grands-parents, ils sont tous déjà partis. J’ai quand eu la chance de les connaître.

Ils m’appelaient Liline.

Je courais dans leur jardin, j’admirais chacune de leur fleur, la vigne sur leur serre.

Elle était la douceur incarnée, avec ses robes fleuries, sa joie de vivre. Elle nous donnait sa vieille vaisselle, ses timballes usées pour qu’on joue à la dinette avec. Elle nous préparait des jus de tamarins, des gâteaux maïs ou des gâteaux patate. Elle savait organiser des pique-nique mieux que personne à la Plaine des Cafres, avec ses 14 petits enfants autour d’elle. Elle a appris à conduire et a pris l’avion pour la première fois à l’âge où d’autres se contentent de vieillir en papotant et en partageant des ladilafé sur leur terrasse. 

Lui, quand il enlevait son béret, on avait le droit de monter sur ces genoux pour aller lui compter ses cheveux blancs. Il nous emmenait voir ses poules, ses lapins. Il avait des mains immenses et rêches, des mains de travailleur des champs. C’était un gros dur au regard doux qui nous apprenait à parler aux oiseaux, ses Martins. Avec ses maillots de corps et son général encadré qui m’impressionait.

Elle, je l’ai moins connue. Elle avait les doigts longs et fins, des doigts de fée. Toujours un ouvrage en cours, des couvertures, des châles, son petit intérieur tout en formica en était recouvert. Chez elle, on prenait le café, sur la toile cirée. Elle avait les cheveux très noirs, du rouge sur les lèvres et un regard bien sévère, même quand elle était si contente de nous voir. Une certaine maigreur aussi dont je n’ai pas hérité..

Il aimait tellement la musique, jouait du piano, de l’accordéon. Il aimait m’écouter jouer de la musique pour lui et m’inventait des chansons. Lui aussi, c’était un dur, mais il savait aussi sourire et ses cheveux blancs volaient au gré du vent.

Ils sont mes origines, j’ai un peu d’eux en moi. Ils m’ont chacun transmis quelque chose, c’est gravé là quelque part. Ils sont partis bien tôt pour moi, surtout elle, celle qui m’accompagne encore aujourd’hui dans beaucoup de mes gestes.

J’en parle uniquement parce que c’est le thème proposé par Alice et Zaza, je n’en parlerai certainement pas souvent ici.

Je les laisse là où ils sont, dans un petit coin de ma mémoire et de mon coeur.

Iris de St-Marie en Ré, mai 2014 (c) D'une île à Paris

Iris de St-Marie en Ré, mai 2014 (c) D'une île à Paris

Marraine, maman, mémé Iris et moi à l'âge de 2ans (c) D'une île à Paris

Marraine, maman, mémé Iris et moi à l'âge de 2ans (c) D'une île à Paris

90 ans d'écart, avril 2014 (c) D'une île à Paris

90 ans d'écart, avril 2014 (c) D'une île à Paris

Brocante, souvenirs d'antant (c) D'une île à Paris

Brocante, souvenirs d'antant (c) D'une île à Paris

J’espère que mes parents et toute ma grande famille, s’ils me lisent, ne m’en voudront pas de ces quelques souvenirs écrits ici. Il y a beaucoup plus à dire d’eux bien sûr, je ne partage pas tout. Juste quelques anecdotes, quelques lignes qui viennent spontanément ce soir en préparant cet article. 

Avez-vous connu vos aïeux ? Vous ont-il transmis un goût particulier ? 

N’hésitez pas à partager votre vécu, votre souvenir si vous le souhaitez.

Cet article est ma participation aux lundis à deux, rendez-vous hebdomadaire proposé par les blogueuses Alice et Zaza

Bon lundi à tous/toutes !

 

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(Toutes ces photos ne sont pas libres de droit (c) D’une Ile à Paris)